Le débat d’orientations budgétaires est annuel. Il est l’occasion de mettre à plat la politique menée par la municipalité, d’en élaborer de nouvelles pour l’année suivante et d’y affecter les ressources nécessaires. Dans un contexte difficile pour les Nantais la municipalité se doit de mener des projets concrets, efficaces, avec des ressources limitées. Une gestion saine du budget, affecté à des actions réalistes et immédiates doit être la priorité. Benoit Blineau et Isabelle Loirat défendent leur point de vue.
Benoit Blineau:
« La crise est aujourd’hui installée, d’une ampleur sans précédent. La crise est difficile pour les Nantais dans leur quotidien mais a un bon côté elle nous oblige à être plus ingénieux et à trouver des solutions concrètes et immédiates aux difficultés des Nantais. Ces solutions nous en proposons depuis le début de notre mandat.
Même si cela est de la compétence métropolitaine, nous estimons que la politique de transport local menée peine à suivre les besoins des Nantais. Nous proposons là encore le téléphérique comme solution concrète aux difficultés quotidiennes de déplacement. Londres finit de réaliser le sien en moins de temps que Nantes pour réaliser une étude sur le sujet. Ils ont compris que cette solution originale était l’idéal dans une situation de forte contrainte budgétaire. Faire traverser la Loire sur des ponts routiers mène à saturer toujours plus la ville. Nous ne pouvons inciter les Nantais à se rendre dans un centre ville piéton par la voiture. Faire des projets vite exécutés et à moindre coût, c’est l’attitude que nous devons avoir pendant cette crise.
Nous trouvons normal de ne pas alourdir les finances publiques en accueillant à grand frais l’Euro 2016 à Nantes. Nancy a fait de même. Cependant, moins cher et plus mobilisateur, notre projet de festival sportif de la jeunesse européenne trouve toute sa place. Cette action où les jeunes, de toutes conditions sociales, travaillent à la réalisation d’un projet est toujours plus d’actualité car on sait très bien à quelles difficultés sont confrontés les jeunes pour trouver un emploi. Là où la politique divise le sport rassemble.
Le chômage est croissant, y compris à Nantes. Nous proposons là encore une solution concrète, permettant à la mairie d’en être à l’initiative. Remettre en ville des métiers de proximité, grâce à des loyers modiques, dans des locaux dédiés. Nous avions proposé ce « Carré des Utiles » à la place de la caserne Lafayette mais il est exportable dans différents quartiers de notre ville. Les solidarités et l’emploi reculent en cette période de crise : mener un tel projet serait une contre-attaque face aux difficultés croissantes des Nantais.
Les finances de la ville ont besoin d’une gestion saine. Ce document préparatoire montre une poursuite du désendettement, que nous encourageons. Cet effort doit se poursuivre, avec peut être plus de rapidité. Vous affirmez avoir diminué la part des emprunts structurés à 20% de l’encourt total de la dette. Pourtant c’est 55% de la dette qui ne sont pas totalement maîtrisés car 35% de la dette sont contractés à taux variable. Souscrire un emprunt indexé sur le taux de change franc suisse/euro comme celui dont la municipalité vient de se débarrasser est à l’image de ce que l’on ne peut plus faire. Encore une fois la crise nous oblige à revoir notre façon de concevoir plus intelligemment des actions au service des Nantais ! Il faut changer de référence. Espérer réaliser des économies en souscrivant des emprunts à taux variable est désormais impossible. Nous souhaitons donc que l’ensemble de la dette de la ville de Nantes soit maîtrisable et évaluée de façon certaine. On ne pourra plus emprunter à un taux aussi faible.
M. Bolo pointe le désengagement financier de l’Etat, réduisant probablement ses dotations pour l’an prochain. On ne peut souhaiter l’autonomie toujours croissante des collectivités territoriales sans être pour un retrait de l’Etat. Plus de collectivité territoriale doit vouloir toujours dire moins d’Etat. Nantes doit se saisir, de façon responsable, des instruments qui sont les siens.
Nous venons de débattre de la composition de la Commission Intercommunale des Impôts Indirects. Cette commission participe à la révision des valeurs locatives cadastrales, dont les bases sont obsolètes. Cette révision concernera d’abord les locaux professionnels, avant de s’attaquer aux habitations. Ces bases, telles qu’elles sont actuellement, sont source d’une injustice fiscale flagrante. Les personnes qui viennent d’être nommées ont désormais en main de rééquilibrer cela. Mais pour quelle politique ?
Nantes demain, ce n’est pas Nantes dans une vingtaine d’années. Les changements ne peuvent attendre ce délai. Il faut agir vite et savoir s’adapter à la situation.
Le déménagement du CHU est gelé : c’était prévisible. Il faut faire avec ce que l’on a : c’est-à-dire des moyens limités. Une meilleure anticipation, depuis plusieurs années, aurait permis d’éviter la situation pénible dans laquelle la ville se retrouve.
Il faut comprendre que notre situation est trop grave pour croire qu’un camp seul va résoudre les défis qui sont devant nous. Il faudra savoir faire de véritables débats concernant la gare, le franchissement de la Loire, nos choix de consommation d’énergie et de préservation de l’environnement.
Les collectivités territoriales sont désormais les principales prescriptrices. Les compétences qui sont les leurs impliquent des responsabilités tout aussi importantes. Il est difficile de jouer ce rôle lorsque les finances publiques sont en berne mais les solutions que nous proposons depuis des années ont toujours plus leur place. On ne peut pas résoudre la crise en étant dans un camp. On ne peut pas trouver des solutions efficaces dans un clivage partisan : c’est l’intérêt de tous de travailler ensemble. Le bon sens n’a pas de parti. »