Un voile pudique a été jeté par la majorité actuelle sur sa gestion du service public de l’animation culturelle et sociale déléguée à l’association ACCOORD.
Lors de la dernière séance du Conseil municipal nous nous sommes opposés en début de séance sur la reconduction des dix mêmes élus de la majorité au conseil d’administration. Comment régler des problèmes avec ceux qui les ont causés ? Comment la démocratie et la transparence peuvent être sauvegardées lorsque le service public est géré par un groupe politique ?
La gestion désastreuse de ce service public est constatée par la Chambre régionale des comptes. Son rapport soulève de nombreuses questions : quelle stabilité lorsque 7 présidents, 3 présidents et 4 directeurs généraux se relaient en cinq ans ? Quelle justification à un parachute doré de 134 000 euros pour un départ à l’amiable d’un de ces directeurs ? Combien de temps encore la structure sera déficitaire alors qu’elle perçoit 15 millions d’euros de subvention ?
Notre intervention est reproduite ci-dessous :
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Monsieur le Maire, mes chers collègues,
La gestion de l’association ACCOORD, délégatrice de la Ville de Nantes pour ses activités d’animation socioculturelle à l’égard de la jeunesse, doit être examinée avec soin. C’est ce qui n’a pas été fait jusqu’à aujourd’hui.
Il nous parait invraisemblable de trouver cette activité à ce point dans l’ornière.
Les difficultés s’accumulent : résultats d’activités très décevants, baisse de la participation de la Ville malgré son implication, direction de l’association hasardeuse, gestion des ressources humaines mauvaise. Un second plan de redressement de la situation financière a été entrepris mais ne résoudra pas à lui seul des années de mauvaises pratiques.
L’anonymisation des noms cités par l’ancienne présidente de l’ACCOORD dans sa réponse ne permet pas d’établir clairement la responsabilité de chacun des représentants de la Ville dans cette déroute. C’est donc collectivement que vous assumerez votre gestion.
La gestion des ressources humaines est catastrophique. La « désorganisation de la direction » serait la principale cause des mauvais résultats obtenus. Nous sommes rendus au 7ème DRH depuis 2005 : comment cela peut-il être autrement que mal perçu par les salariés ? Trois présidents et quatre directeurs généraux se sont succédés sur la même période, avec au moins un « parachute doré » de plus de 134 000 € pour l’un d’entre eux. Comment justifiez-vous ce montant alors que l’association enregistre des pertes depuis plusieurs années ?
Les salariés, particulièrement ceux de la filière « animation » et « technique », restent dans une précarité forte, malgré l’accord conclu avec leurs représentants. L’objectif d’allongement de la durée de travail pour les salariés à temps partiel est bon mais les résultats sont encore absents. La CRC souligne que le temps de travail moyen par salarié a diminué, à contre courant de ce que vous essayez de faire croire. Comment estimez-vous que ces salariés, avec des toutes petites payes, proches du SMIC, puissent vivre correctement à Nantes avec des temps partiels subis ?
Les relations entre l’association et ses salariés sont délétères. Vous ne pouvez pas vous exonérer de votre responsabilité dans cette situation. Passer en contrat à durée indéterminée sans augmenter le volume horaire travaillé n’est pas satisfaisant, ni pour les salariés qui voient leur précarité figée dans le long terme, ni pour les comptes de l’association dont 70% des salariés en CIDTPA (CDI à temps partiel annualisé) n’ont pas effectué les heures prévues à leur contrat.
La volonté de la Ville de parvenir à une gestion saine est relevée dans ce rapport. Cette volonté ne s’accompagne pas des actes nécessaires.
Les indicateurs choisis ne parviennent pas à rendre compte de l’activité menée. Aucune évaluation sérieuse n’est faite, notamment quant à la place d’ACCOORD par rapport à toutes les autres associations qui reçoivent également des subventions de la Ville pour des activités de même nature. Quand parviendrez-vous à mener une politique cohérente dans ce domaine, à un coût raisonnable ? De plus, la direction des achats, nouvellement crée ne parvient pas à atteindre les buts poursuivis alors que l’irrégularité de la procédure d’achat de la nourriture pour 1 million d’euros est pointée.
L’effondrement de l’activité dans certains domaines est clairement établi entre 2000 et 2005 : -18 % pour les centres de loisirs à la petite enfance, – 60 % pour les centres de vacances pour cette même tranche d’âge et – 35 % pour les 6/12 ans pour cette activité. Cette baisse a continué à se poursuivre pour les années 2005 à 2009, et encore avec la dernière délégation de service public, avec une baisse de 29% du nombre de journées participants.
Le paiement de pénalités est réclamé à l’ACCOORD pour ne pas être parvenue à atteindre ses objectifs : 478 123€ pour l’exercice 2009/2010, et 49 590 € pour l’année 2010/2011 au terme de la délibération n°28.
Comment comptez-vous mettre fin à ces difficultés récurrentes ? Doit-on s’attendre à de nouveaux « parachutes dorés » ?
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